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Jean-Pierre Jouyet, actuel président de l'AMF, fut Secrétaire d'Etat chargé des Affaires européennes dans le gouvernement Sarkozy

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Le lancement d’un contrat à terme sur les emprunts de l’Etat français, par Eurex, groupe allemand des produits dérivés, doit prendre effet aujourd’hui même. Cet outil spéculatif contre la France, dont se sont dotés les marchés financiers, a créé la controverse au sein de la classe politique française. Vivement mise en cause, l’Autorité des Marchés Financiers (AMF) en France, s’est défendue en se défaussant sur Eurex.

Interrogé par le quotidien français Les Echos, Jean-Pierre Jouyet, président de l’AMF, ex-ministre de Nicolas Sarkozy et ex-socialiste de mouvance centriste, a démenti avoir donné son aval à un tel produit : “Eurex est une société allemande privée. Interdire ce produit n’est ni de notre ressort, ni de celui des autorités de régulation européenne. Nous n’avons pas les moyens de nous y opposer, ni de dire quoi que ce soit”.

Ce que le patron de l’AMF ne dit pas, c’est le boulevard que sa vénérable institution a ouvert, le 13 février 2012, aux spéculateurs du monde entier, en levant l’interdiction des ventes à découvert des principales valeurs financières en France. Cette décision cruciale, à l’origine de tout ce branle-bas, fut pourtant annoncée dans un communiqué de l’AMF, titré: “Fin de l’interdiction des ventes à découvert sur une liste définie de valeurs financières françaises”.

Ces ventes à découvert avaient pourtant été interdites en France, depuis août 2011, mesure d’urgence pour éviter tout emballement spéculatif. En pleine tourmente financière à l’époque, la Belgique, la France, l’Espagne et l’Italie avaient décidé d’interdire les ventes à découvert sur les titres financiers afin d’enrayer la chute des actions et l’instabilité des places financières. Des informations inquiétantes circulaient alors sur les valeurs bancaires, ce qui avait entraîné le plongeon de leurs cours de Bourse.

Le 13 février dernier, la France a décidé de lever cette interdiction alors que  l’Italie et l’Espagne, ont, au contraire décidé de la prolonger. Cette décision de la France laisse perplexe. Pourquoi avoir pris un tel risque?

Dans une dépêche de l’AFP,  le ministère de l’Economie, interrogé alors sur cette décision, avait souligné que cette interdiction “avait été prise pour faire face à des circonstances exceptionnelles de marché, là, on est à peu près revenus dans la norme“. Pour autant, “si jamais de telles circonstances devaient se représenter, on pourrait décider à tout moment de les interdire à nouveau“, a ajouté le ministère.

Donc quand le patron de l’AMF prétend qu’il est impuissant face à Eurex et qu’il n’a pas les moyens de s’opposer à de telles pratiques spéculatives, il veut faire prendre des vessies pour des lanternes. Et si le ministère de l’Economie affirme que “l’on pourrait décider à tout moment de les interdire à nouveau“, pourquoi tous ces cris de vierge effarouchée des ténors de la politique française? Pourquoi, au lieu de se laisser entraîner dans des surenchères stériles, les dirigeants français ne prennent-ils pas tout simplement la décision d’interdire à nouveau les ventes à découvert, au lieu de livrer la France à la vindicte financière?

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