Enregistrement | Perdu votre mot de passe ?

.

La classe politico-médiatique canadienne prend acte de l’élection de François Hollande à la présidence de la République française, sans grand enthousiasme, excepté le Parti Québécois (souverainiste) qui entretient des relations privilégiées avec le parti socialiste français, depuis des décennies. La préoccupation principale qui revient chez les commentateurs canadiens est la confrontation attendue entre François Hollande et Angela Merkel, en désaccord sur la politique économique européenne. “En ces temps de crises, les délices de la victoire risquent d’être de courte durée”, titre Le Devoir. “Nous entrons clairement dans une période stratégique pour l’Union européenne et pour la croissance mondiale”, avertit Les Affaires. Le quotidien conservateur National Post opte pour un titre provocateur “Angela Merkel pourra-t-elle sauver l’Europe de François Hollande?”.

La classe politique canadienne quant à elle, s’en est tenue aux règles protocolaires en félicitant le nouveau président français. Le premier ministre canadien, Stephen Harper, a téléphoné à M. Hollande. Les deux dirigeants “ont convenu de la nécessité d’approfondir les relations entre le Canada et la France et de tenir une rencontre bilatérale dans un proche avenir”. Le premier ministre a également “exprimé la volonté du Canada de collaborer étroitement avec la France sur l’ensemble des questions internationales et a souligné que les prochains sommets du G8, de l’OTAN et du G20 seront l’occasion de le faire”, a indiqué son porte-parole Carl Vallée.

Dans son communiqué, le premier ministre du Québec, Jean Charest, a tenu à remercier le président sortant Nicolas Sarkozy “pour son engagement envers le Québec, en particulier les actions qui ont mené à la signature et qui ont favorisé la mise en œuvre de l’Entente Québec-France en matière de reconnaissance mutuelle des qualifications professionnelles”. M. Charest a félicité son successeur en déclarant qu’il entrevoyait “avec enthousiasme la poursuite de cette relation directe et privilégiée avec la France”.

La chef de l’Opposition du Québec, Pauline Marois, présidente du Parti Québécois, a transmis un message de félicitation à M. Hollande dans lequel elle se dit confiante “que [les relations franco-québécoises], toujours placées sous le signe de l’amitié, seront davantage renforcées au cours des prochaines années”.
Le chef de l’opposition du Canada et président du Nouveau Parti démocratique, Thomas Mulcair,  a fait parvenir ses félicitations au nouveau président français. M. Mulcair possède la double nationalité canadienne et française. En raison de son poste actuel, toutefois, il n’a pas voté lors du scrutin électoral français.

Tour d’horizon des commentaires des principaux médias francophone et anglophone:

.

LA PRESSE QUÉBÉCOISE

La France est rose, l’horizon l’est moins…

C’est fait. Pour la première fois depuis 24 ans, la France a élu un président socialiste – le deuxième de son histoire. Ce tournant a été souligné avec exubérance, hier soir, sur la place de la Bastille.

Dès les couloirs du métro qui mène vers ce lieu mythique, une foule compacte, joyeuse et bigarrée se pressait vers la sortie en scandant «Sarkozy, c’est fini», et “Enfin, on va respirer”. Même exultation sur la place elle-même, où la grande fête de la gauche a réuni des gens de toutes origines, beaucoup de jeunes, mais aussi de nombreux vétérans de la première victoire de François Mitterrand, en 1981. Et des familles qui voulaient vivre le moment historique avec leurs enfants.

Il y avait, dans l’air, un zeste d’atmosphère de la place Tahrir, un écho de la joie qui a électrisé Washington le jour de l’assermentation de Barack Obama. Pourtant, il ne fallait pas gratter longtemps pour s’apercevoir que sous les confettis et les bulles de champagne, il y a beaucoup de scepticisme et d’angoisse face aux années qui viennent. François Hollande ne reçoit pas un chèque en blanc. Ce que les gens célébraient surtout, hier, c’est la fin d’une époque, sans se faire trop d’illusions sur celle qui débute aujourd’hui.

La Presse  (lire la suite )

.

Hollande l’emporte sans triomphalisme

En ces temps de crises, les délices de la victoire risquent d’être de courte durée. Immédiatement après la passation des pouvoirs, le 15 mai prochain, le nouveau président devrait rendre visite à Angela Merkel, qui l’a félicité dès hier soir pour sa victoire. La chancelière allemande, qui a soutenu Nicolas Sarkozy pendant la campagne, avait d’abord accueilli froidement la proposition de François Hollande de renégocier le traité européen de stabilité budgétaire. Elle a récemment ouvert la porte à l’ajout d’un « volet croissance ». François Hollande sera aussi aux États-Unis le 18 mai pour le sommet du G8 qui sera immédiatement suivi de celui de l’OTAN, où le nouveau président annoncera le retrait avant la fin de l’année des 3400 soldats français en Afghanistan.

Le Devoir   (lire la suite)

.

Hollande fait bande à part

Stephen Harper a bien appelé François Hollande pour le féliciter de sa victoire électorale de dimanche, mais avec toute la chaleur d’une obligation diplomatique. Valeurs communes, liens historiques, nécessité d’approfondir les relations, volonté de collaborer, il ne manquait aucun lieu commun dans le compte rendu diffusé par le bureau du premier ministre.

La France vient de changer de camp et passe d’une Internationale à l’autre. L’Union pour un mouvement populaire (UMP), le parti de Nicolas Sarkozy, faisait partie de l’Union démocrate internationale (UDI) tout comme le Parti conservateur de M. Harper et les républicains de Mitt Romney. D’où l’intérêt que suscitait à Ottawa la présidence de M. Sarkozy, tout dévoué en théorie au libéralisme économique et à la déréglementation comme ses amis de l’UDI. Inutile de dire que le Parti socialiste de M. Hollande milite dans une autre Internationale, la socialiste celle-là, comme son nom l’indique.

Le Soleil (lire la suite)

.

Radio-Canada

La députée québécoise et ex-déléguée du Québec à Paris, Louise Beaudoin, explique pourquoi l’élection de François Hollande est une bonne nouvelle pour le Québec. Mme Beaudoin déclare aussi qu’elle a toujours préféré François Hollande comme candidat, parce que “c’est l’anti-DSK”.

Cliquez pour regarder le reportage de Radio-Canada

.

La petite parenthèse de Sarkozy

Il a beaucoup parlé. S’est agité en permanence. S’il n’a pas été le premier président à diluer ses nombreuses promesses, son quinquennat, commencé dans le chic Fouquet’s des Champs-Élysées, restera sans doute une petite parenthèse dans la longue histoire de France. «En cas d’échec, je serai le seul responsable», avait-il lancé après le premier tour. Nicolas Sarkozy ne croyait pas si bien dire. La défaite politique de la droite hier est avant tout un échec personnel. Il a été le président le plus impopulaire de la Ve République. Défait, il pourra enfin «faire du fric», comme il le confiait aux derniers jours d’une campagne acrimonieuse.

Sa personnalité atypique dans le paysage français a fini par agir comme un repoussoir pour les électeurs, même de droite. Rarement a-t-on vu un président irriter autant les Français. Nicolas Sarkozy avait un point en commun avec Silvio Berlusconi. À l’instar du premier ministre italien déchu, son autocélébration frisait l’obsession. Le sarkozysme, comme le berlusconisme, est avant tout un style où triomphe la première personne du singulier.

Métro Montréal   (lire la suite)

.

Élysée 2012 à Montréal: des larmes à gauche et à droite

Larmes de joie à gauche, larmes de tristesse à droite. La victoire de François Hollande a suscité, hier, des réactions contrastées chez les expatriés français. «Je suis aux anges.» Tout sourire, Thomas Dumoulin, un sympathisant du Parti socialiste (PS), avait peine à croire hier que pour la première fois depuis 1988, ses compatriotes ont élu un président de gauche. «Ça change tout», croit le jeune homme de 32 ans. Plus de 250 personnes se sont réunies hier au Petit Medley, à Montréal, à l’invitation du PS.

La Presse  (lire la suite )

.

Lendemain d’élection: les leçons à retenir

Dans le coin gauche, François Hollande, premier président français socialiste en 17 ans. Deuxième puissance économique européenne, mais dont le boulet fiscal atteint maintenant 1717 milliards d’euros.

Nous entrons clairement dans une période stratégique pour l’Union européenne et pour la croissance mondiale. L’instabilité de ce matin sur les marchés boursiers n’en est qu’un timide aperçu.

Les Affaires  (lire la suite)

.

LA PRESSE ANGLOPHONE

French voters oust Sarkozy to dent centre-right dominance in Europe

Mr. Hollande’s election ends an uncomfortable consensus among the centre-right parties that had controlled the governments of all major European countries during the past year. He has vowed to withdraw troops from Afghanistan earlier and change the relationship with NATO, to negotiate a “Tobin tax” on financial transactions, and to renegotiate the euro bailout pact to allow higher levels of government spending and debt in order to spur economic growth.

Globe & Mail  (lire la suite)

.

France’s François Hollande says growth, not austerity, is the fix for Europe’s debt woes

Does the election of a Socialist, François Hollande, to the French presidency signal an abrupt end to European austerity and a threat to the eurozone? Don’t bank on it. His supporters don’t call him M. Flanby, after the nondescript caramel pudding, for nothing. What he promises France, Europe’s second biggest economy, is a prudent course correction after two years of destructive belt-tightening, not a ride on the wild side.

While Hollande grandly vows to “have done with austerity,” his program doesn’t differ hugely from that of outgoing president Nicolas Sarkozy, whose volatile flamboyance cost him the election. Nor should it. Both leaders agree that France’s record $2 trillion-plus debt, at 86 per cent of output, needs to be pared back over time. And both regard 10 per cent unemployment as untenable.

Toronto Star  (lire la suite)

.

Can Angela Merkel save Europe from Francois Hollande?

Here’s the problem: Hollande and the voters who vaulted him to power believe that it’s possible for the country to balance its budget through mild Keynesian measures while maintaining its current welfare state, but that’s not realistic. Whatever modest economic growth is achieved through government stimulus will be more than offset by the drag of France’s excessive state spending. Hollande can’t keep the public deficit in line for long, let alone cut it, without reining in France’s bureaucracies.

For a country wallowing in unemployment and slow growth, the best gift a new leader could offer would be an increase in consumer and business demand and growth. Of course, Hollande is promising such goodies. But there’s no way he can deliver on them when said consumers and businesses will now be waiting in fear for the axe of higher taxes to drop.

National Post (lire la suite)

.

Lire également:

Le 1er tour de la présidentielle française vu par la presse canadienne

.

  • Digg
  • del.icio.us
  • Facebook
  • email
  • StumbleUpon
  • Twitter
  • LinkedIn
  • MySpace
  • viadeo FR
  • Add to favorites
  • Google Bookmarks
  • Netvibes
  • Yahoo! Buzz