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Christiane Royet

Christiane Royet

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Âgée d’à peine 23 ans, Christiane Royet posait ses valises à Montréal, sans savoir à l’époque qu’elle y resterait pour de bon! Jeune diplômée dans la haute couture, elle venait de quitter la région stéphanoise pour tenter l’aventure dans le monde de la mode au Canada, grâce à un programme d’échange avec l’Office franco-québécois pour la Jeunesse. Une fois ses compétences de styliste-modéliste affirmées, elle travaillera pendant plus de vingt ans pour différentes marques de prêt-à-porter. Sensible à la préservation de l’environnement dans son quotidien, elle créa en 2007, La Boîte Jaune. Une entreprise dont la mission principale est de collecter les déchets domestiques toxiques, auprès des particuliers, des institutions et des entreprises. Sans publicité aucune mais grâce à une large couverture médiatique, le succès fut immédiat. Entretien.

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Pontransat.com:   Comment vous est venue l’idée de créer La Boîte Jaune ?

Christiane Royer : J’ai une âme verte depuis de nombreuses années. Je pratique depuis longtemps le compostage avec les déchets verts de mon jardin par exemple. Je suis ce qu’on appelle une « consommatrice éco-responsable ». Bien souvent, les gens ne font pas l’effort de porter leurs déchets toxiques dans les endroits appropriés. Par manque de temps ou en l’absence de moyens de transport, ils déposent les vieux aérosols ou les écrans d’ordinateurs usagés sur les trottoirs de la ville. J’ai voulu faciliter la vie des gens, en offrant un nouveau service et œuvrer, à mon niveau, à la préservation de l’environnement.

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Pontransat.com: Pourquoi avez-vous choisi le domaine spécifique du recyclage des déchets toxiques ?

Christiane Royer: Chez moi, je trie mes déchets et souvent pour rendre service à mes voisins ou à mes proches, j’organisais la collecte des piles, des ampoules ou des pots de peinture chez eux pour les porter ensuite dans les éco-centres de la ville. Mon entourage m’a alors encouragé à le faire à grande échelle. C’est comme cela qu’est né le concept unique, encore aujourd’hui à Montréal, de La Boîte Jaune.

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Pontransat.com: L’univers de l’écologie reste malgré tout, assez loin de vos précédentes expériences professionnelles. Comment vous êtes-vous adaptée à ce nouveau défi?

Christiane Royer: C’est avant tout une démarche citoyenne. Même si je n’avais jamais travaillé dans ce domaine, j’ai toujours été très sensible, à titre personnel, à tout ce qui touche la préservation de l’environnement. Je me suis donc documentée, pour mieux cerner les types d’actions que je pouvais mettre en œuvre. Je me suis inspirée de certaines initiatives que j’avais observées lors de mes voyages réguliers en Europe, notamment dans le domaine de la récupération des piles. Tout reste à faire ici! J’ai ensuite monté un dossier et je me suis lancée.

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Pontransat.com:  Expliquez-nous justement comment fonctionne La Boîte Jaune?

Christiane Royer: C’est très simple. Il existe différents types d’abonnements, selon que vous êtes un particulier, une école, une institution ou une entreprise et selon la quantité de déchets que vous prévoyez collecter. Avec nos équipes, nous nous chargeons ensuite, de ramasser les produits entreposés dans des boîtes jaunes, pour les déposer ensuite dans les centres de traitement appropriés. On récupère les déchets toxiques, tels que: les piles, les pots de peintures, les batteries de voiture, les ampoules ou les vieux ordinateurs.

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Pontransat.com:  Quel est le profil de la clientèle qui s’abonne à vos services?

Christiane Royer: Il y a toutes sortes de profils. Le bouche à oreille a très vite fonctionné. Au départ, nous avions beaucoup de particuliers qui voulaient se débarrasser des innombrables pots de peinture entassés dans leur garage ou dans leur cave. Mais cela restait très anecdotique, puisqu’ils renouvelaient rarement leur abonnement. Il a donc fallu trouver une autre clientèle, plus régulière.

Nous avons commencé par étendre nos activités vers les établissements scolaires, car ils produisent beaucoup de déchets. De plus, ils se chargent de sensibiliser leurs élèves à collecter les piles usagées par exemple, ce qui est une très bonne chose en matière pédagogique. Plus tard, deux arrondissements de la ville, Montréal-Nord et Ahunstic-Cartierville, ont passé un contrat avec nous. Ils ont placé des boîtes jaunes dans plusieurs endroits stratégiques. Et enfin, plusieurs compagnies du centre-ville se sont engagées à trier leurs déchets bureautiques et à nous les mettre de côté.

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Pontransat.com:  Que faites-vous des déchets ainsi collectés?

Christiane Roy: Nous avons deux lieux de dépôt, à l’est et à l’ouest de l’île de Montréal. Ce sont des zones éloignées des habitations. Les agents se chargent de protéger et de stocker les déchets. Ensuite, des entreprises de recyclage spécialisées viennent chercher ces litres de peintures périmées, afin de les revaloriser. Nous avons développé une véritable filière de tri et de valorisation de ces déchets toxiques, sur l’agglomération montréalaise.

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Pontransat.com:  Quels sont désormais, vos objectifs de développement ?

Christiane Roy: En trois ans d’existence, nous n’avons jamais fait de publicité. En revanche, de nombreux journaux ont parlé de nous. Et pour le moment je travaille principalement avec des bénévoles pour la collecte. A l’automne, j’aimerais donc commencer à communiquer un peu plus, pour nous agrandir. Je souhaite également développer le concept à Québec. Il y a également un formidable potentiel de développement sur l’ensemble du territoire canadien. Mais il faudra que le modèle soit bien maîtrisé, ce sera donc pour plus tard (rires)!

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Pontransat.com:  Quel regard portez-vous sur l’évolution de la filière verte au Québec?

Christiane Roy: Les choses avancent très lentement. Le Canada vit sur le mythe de l’abondance. Il y a, malheureusement, énormément de gaspillage. La population commence, toutefois, à être sensible aux différents discours en faveur d’un développement durable. Mais les initiatives comme la mienne, restent très marginales et dérisoires, à l’échelle du pays. La classe politique manque de volonté, elle n’a pas pris encore le problème, à bras le corps. C’est parfois très frustrant. Le recyclage, ce n’est pas payant, ça n’intéresse donc pas grand monde pour le moment.

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