Enregistrement | Perdu votre mot de passe ?

.

L'Université du Québec à Montréal entretient depuis longtemps une coopération poussée avec les universités françaises (photo UQAM)

.

Nanotechnologies, neurosciences, santé, sciences humaines, mathématiques, gestion, ingénierie, aéronautique… la coopération universitaire entre la France, le Canada et le Québec présente de multiples visages. Depuis plus de quarante ans, la recherche et l’innovation ont toujours représenté un axe fort des relations entre les deux pays, mais également et avant tout entre la France et le Québec.

Le 26 octobre dernier à Ottawa, devant les représentants de l’Association des Universités et Collèges du Canada, l’ambassadeur de France au Canada, François Delattre, est longuement revenu sur la richesse du partenariat scientifique et universitaire qui lie les deux pays. Multipliant les exemples de coopérations, il a également rappelé la place toute particulière occupée par la France et le Québec dans ces dynamiques.

86% des étudiants français au Canada se trouvent au Québec. En 2009, 5 269 permis d’études ont été délivrés par les autorités canadiennes à des ressortissants français. “Au Québec l’an dernier, précise Jean-Paul Pradère, attaché pour la science et la technologie au Consulat général de France à Québec, on comptait plus de 7 800 étudiants français, soit une progression d’environ 10% chaque année”. Les visas délivrés ne recouvrant pas la totalité des étudiants.

A contrario, 2 039 visas pour études ont été accordés par les Consulats français du Canada à des ressortissants canadiens. Compte tenu du déséquilibre démographique entre les deux pays, le rapport est de 1,23 étudiant français au Canada pour 1 étudiant canadien en France.

Si le Québec, comme dans de nombreux domaines, apparaît comme la tête de pont de la coopération universitaire, des progrès peuvent néanmoins encore être accomplis, en particulier dans les partenariats avec les universités anglophones de Montréal, Concordia et McGill.

.

Le Fonds France-Canada pour la Recherche

Via le Fonds France-Canada pour la Recherche (FFCR), la France soutient des projets de recherche conjoints franco-canadiens sélectionnés sur appel d’offres. Depuis sa création en 2000, cet outil a permis de financer plus de 150 projets scientifiques de haut niveau. Doté d’un capital de 3,5 millions de dollars canadiens, les ministères français des Affaires étrangères et de l’Enseignement supérieur et de la Recherche contribuent régulièrement à son financement, tout comme les universités partenaires, Total côté industriel et le ministère canadien de l’Industrie. La partie canadienne du FFCR est aujourd’hui composée d’un consortium de pas moins de 19 universités ! “Le FFCR, a insisté M. Delattre, s’est affirmé comme le principal outil de la coopération scientifique entre nos deux pays.”

Précieux, le Fonds France-Canada n’est cependant pas le seul outil de stimulation de cette coopération. “De nouvelles formes de mobilité étudiante se développent avec la mise en place de doubles diplômes, constate-t-on du côté de l’Ambassade de France à Ottawa, et notamment au niveau master et doctorat”. Les doctorats en “cotutelle”, par exemple, se sont largement développés ces dernières années. Plus d’un millier ont déjà été dénombrés entre la France et le Québec.

Des liens ont également été noués entre les universités françaises et canadiennes elles-mêmes. “Autrefois, les partenariats portaient avant tout sur les sciences humaines mais ce n’est plus le cas aujourd’hui, poursuit Jean-Paul Pradère. Les principales collaborations sont en lien avec, disons, les sciences dures au sens large. Il y a de nombreux échanges autour des neurosciences et des maladies dégénératives par exemple”. L’implication française au Canada se traduit également par la présence de ressortissants à la tête de chaires universitaires, de laboratoires de recherche ou d’institutions de renom, comme c’est le cas par exemple de Christophe Guy, directeur de l’école Polytechnique de Montréal.

.

Les groupes industriels français à l’affût

Les grands groupes industriels français sont également présents dans les universités canadiennes. “C’est par exemple Michelin qui finance deux chaires de recherche industrielle à l’Université Laval, à Québec, entre autres pour développer des modèles mathématiques en lien avec la résistance des pneus”, détaille M. Pradère.

Autre exemple, le projet Neptune-Canada, mis en oeuvre par l’Université de Victoria. En 2007, la société Alcatel-Lucent a posé un câble sous-marin de 700 km de long, au large de Vancouver. Les chercheurs français de l’IFREMER et de l’université Paris VI ont développé par la suite plusieurs instruments de mesure (caméras et scanners) raccordés au réseau Neptune-Canada qui permettent de suivre l’activité sous-marine en temps réel. “Une réalisation franco-canadienne majeure qui va nous permettre d’améliorer nos connaissances sur la sismologie océanique, la chimie des fonds marins, la biodiversité marine ou encore le changement climatique”, soulignait l’Ambassadeur de France au printemps dernier.

De manière générale, la collaboration scientifique et universitaire est profitable aux deux pays. Les produits de la recherche également. “Une entreprise française qui investit dans des programmes de recherche ici au Canada, prolonge M. Pradère, ne sera pas focalisée sur le brevet final. Elle sera aussi bien intéressée par les gens qui se sont formés à des métiers très ciblés”. Inversement dans les universités françaises avec les étudiants canadiens. Mais toute proportion gardée…

La cotutelle de thèse, symbole d’un partenariat universitaire porteur


Depuis quinze ans, existe un dispositif de cotutelle de thèse entre la France et le Québec.

Dans le reste du Canada, de nombreux efforts sont déployés pour inviter les universités anglophones à amener leurs étudiants à bénéficier d’une tutelle codirigée. Un partenariat “gagnant-gagnant”.

Les mille et un visages de la collaboration scientifique


Pour 40 M$, Québec et Ottawa construisent à Windsor depuis quelques mois la première usine pilote au monde de nanocellulose cristalline. A l’origine de ce projet, un partenariat universitaire franco-québécois qui a débouché sur la mise au point d’un procédé industriel unique. Une illustration parmi de dizaines des ce que peut produire la coopération scientifique.

  • Digg
  • del.icio.us
  • Facebook
  • email
  • StumbleUpon
  • Twitter
  • LinkedIn
  • MySpace
  • viadeo FR
  • Add to favorites
  • Google Bookmarks
  • Netvibes
  • Yahoo! Buzz