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Le joueur français Jean-Joseph Agoua

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Alors que la saison de soccer (foot) universitaire au Canada s’apprête à démarrer, l’équipe des Carabins de l’Université de Montréal s’entraîne activement. Cet effectif, qui compte parmi les meilleurs dans le championnat universitaire au Canada, intègre chaque année de nouveaux joueurs européens.

Ces joueurs et étudiants apportent avec eux une autre vision du jeu, des expériences différentes, et aussi une envie de renouveau. La difficulté à laquelle ils sont toutefois confrontés, consiste à amener  leur savoir-faire, tout en s’adaptant à l’organisation qui les accueille et à un autre système de jeu. L’entraîneur-chef des Carabins, Pat Raimondo, explique ainsi que ces joueurs européens « amènent une culture du foot, une attitude de compatibilité où le temps de jeu est mérité », ajoutant qu’ils « sont travailleurs et savent qu’ils doivent faire leur place à l’entraînement, dans le groupe, car rien n’est garanti ».

L’un des cas les plus révélateurs de cet état d’esprit, évoqué par Pat Raimondo, est certainement le joueur Français, né au Cameroun, Jean-Joseph Agoua. Ce robuste défenseur central, formé à Boulogne-Billancourt, puis au Paris F.C, à l’Ajax et au Panathinaikos – après un passage dans la prestigieuse formation française, l’INF Clairefontaine – témoigne de cette rigueur et de cette discipline. « Ici le coach est vraiment respecté par les joueurs. Il a les pleins pouvoirs. Mais cela amène aussi parfois à un manque de spontanéité dans le jeu. Il faudrait une meilleure lecture du jeu de l’adversaire, critère enseigné en Europe ». Ce défenseur, doté d’une expérience nord-américaine au MSL* au Colorado Rapids, se dit admiratif de l’ouverture d’esprit des joueurs québécois, « tellement, qu’ils en viennent à trop respecter l’adversaire parfois », note-t-il de son sourire taquin.

Le joueur belge Vincent de Bruille

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Pour le joueur belge des Carabins, Vincent de Bruille, l’enthousiasme est aussi bien partagé. Ce défenseur et milieu de terrain est un fin connaisseur du football européen puisqu’il a joué en Belgique, en Hollande et en Allemagne, avant de venir à Montréal s’inscrire à Polytechnique. Recruté par les Carabins il avoue trouver remarquable – et supérieure à l’Europe – la qualité des infrastructures et de l’encadrement. « L’année dernière par exemple, je me suis blessé. En douze heures, j’ai pu voir deux médecins différents, faire un scanner, être accompagné » appuie-t-il. Pour ce qui concerne les joueurs européens, son analyse est complémentaire de celle de l’entraineur et de son coéquipier Français : « Ils apportent un sens plus tactique du foot, car ils ont joué contre des équipes plus expérimentées en Europe ».

Chacun de ces acteurs s’accorde enfin à voir le soccer poursuivre son expansion en Amérique du Nord. La venue de Thierry Henry ou de David Beckham dans la MLS, favorisant à l’évidence la popularité de ce sport encore secondaire aux Etats-Unis et au Canada. Jean-Joseph Agoua apporte une dimension socio-économique à cet engouement : « Le soccer coûte moins cher que le hockey ou le ski, ça peut-être une explication ».

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Pat Raimondo rappelle quant à lui que Montréal intégrera la MLS en 2012, ce qui ouvre la porte aux Européens francophones pour évoluer dans leur sport à un haut niveau, sur un autre continent et dans une autre culture, tout en conservant la même langue et un environnement attirant.

*Major League Soccer (première ligue des Etats-Unis).

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